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Business Development et éthique respect de l'homme

Mercredi, 15 Septembre 2010 14:41

En ce début de XXIème siècle où le développement économique semble se faire systématiquement aux dépends de l'environnement et du social, capitalisme et développement humain sont ont de plus en plus de difficultés à cohabiter. Jérôme Gayet, auteur du livre "Business Development", partage quelques réflexions avec enligne.fr

Depuis la chute du bloc communiste il y a 20 ans, le capitalisme a pris de nouvelles colorations et rime de plus en plus souvent avec avidité, tant dans les pays riches que dans les pays en développement. Sans tomber dans les clichés des opposants à l'économie de marché, on doit tout de même constater que la répartition des revenus entre la rémunération du capital et celle du travail a évolué en faveur du capital.

Jérôme Gayet, un spécialiste du développement d'entreprise nous livre son point de vue.

Les inégalités vont-elles s'accroissant entre patrons et salariés ou bien est-ce une pure vision de l'esprit ?

Jérôme Gayet

Oui, c’est une réalité dans les pays occidentaux comme dans les pays émergents qui sont encore plus inégalitaires car la richesse est généralement moins répartie par les gouvernements sauf au Brésil qui fait figure d’exception. A titre d’exemple, si le Brésil compte un nouveau millionnaire toutes les dix minutes, 10 millions de brésiliens rejoignent chaque année la classe moyenne… C’est impressionnant et surtout rassurant quant à la pérennité de la croissance brésilienne à très long terme car elle profite au plus grand nombre !

Quelle est la responsabilité de la mondialisation dans cette évolution ?

Jérôme Gayet

Je ne pense pas que la mondialisation y soit pour quelque chose. C’est davantage le matérialisme ambiant qui pousse les plus riches à l’être davantage. Les médias contribuent également à favoriser cette course aux milliards : quelle honte quand vous êtes dégradé dans le classement Forbes ! Selon moi, la responsabilité incombe donc davantage à la faillite des systèmes éducatifs et de l’autorité parentale ainsi qu’à la perte de repères moraux. L’ascenseur social est cassé et les parents ferment les yeux sur les agissements de leurs enfants : pourquoi un jeune de 16 ans qui « deale » arrêterait-il de le faire alors qu’il améliore sensiblement le pouvoir d’achat de sa famille ?  

L'économie devrait-elle est plus encadrée ? Mieux encadrée ?

Jérôme Gayet

Je pense que l’économie est déjà bien encadrée voire trop encadrée notamment en Europe où nous « bénéficions » d’un double encadrement au niveau national et européen. En revanche, les marchés financiers ne le sont pas assez et les banques ont recruté des mathématiciens de haut vol pour développé des produits financiers très sophistiqués qui leur échappent  et ne servent souvent que la spéculation ! Nous avons besoin des marchés financiers mais leur  poids est devenu trop important et la spéculation sert les intérêts que quelques personnes (qui empochent au passage des dizaines voire des centaines de millions de dollars de bonus) au détriment de la collectivité. Si diaboliser les banquiers est une erreur, diaboliser les spéculateurs est en revanche justifié. Il faut donc limiter au maximum la spéculation au risque de connaître à nouveau des crises financières comme celle de 2007/2009 ! 

Cela passe-t-il par de nouveaux prélèvements ? Une rénovation de la législation ?

Jérôme Gayet

Surtaxer les spéculateurs, oui, les flux financiers qui servent à fluidifier l’économie, non ! Encore un fois, il ne faut pas se tromper de cible et rigidifier l’économie mondiale. Tel est le challenge de nos gouvernements !

 

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