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Les seniors, l'emploi et internet

Mercredi, 07 Juillet 2010 10:48

Dans une société qui traverse une des crises les plus graves de son histoire, qui met les individus en compétition constante et leur demande de repousser la date de leur départ à la retraite, la question de l'emploi des seniors devient de plus en plus cruciale. Les senior se sont résolus à travailler plus longtemps, mais les sociétés ne leur déplient pas le tapis rouge dès lors qu'ils ont un accident de parcours. Certains se dirigent vers internet comme un vers un Eldorado. Mais Internet leur dépliera-t-il le tapis rouge ?

Depuis que j'ai créé ma première société internet en 1998, je reçois des candidatures qui émane de senior. En 1998, alors que j'avais 27 ans, un senior, c'était quelqu'un qui avait dans les 40 ans. Maintenant que j'ai "dans les 40 ans", un senior est plutôt quelqu'un qui a plus de 50 ans... tout est relatif !

Convaincu que la mission d'une société, même si elle arbore le logo "Start up internet" comprend un volet social et participe à l'intégration des salariés, je me suis toujours efforcé de diversifié le recrutement. Diversification au niveau des formations des employés et diversification au niveau des âges. La diversification des formations correspond à une contrainte stratégique et constitue un atout pour l'entreprise et renforce la société autant qu'elle la . La diversfication des âges correspond à un sens des responsabilités: une société doit offrir des emplois à tout le monde afin que chacun trouve sa place. Ma vision du marché de l'emploi ressemble à celle d'un mariage. Ce serait peut-être plus drôle si les mariés d'invitaient que des jeunes et s'ils ne s'encombraient pas avec les enfants des amis ou les vieux de la famille. Mais ce ne serait pas un mariage, qui a une vocation de rassemblement. Ce serait une teuf entre jeunes. Et pas un mariage. Nous autres chefs d'entreprise, de TPE, PME ou grandes entreprises devont trouver des moyens d'accueillir dans nos sociétés un peu tout les types de profils et pas seulement le jeune surdoué en internet en début de carrière et qui bénéficient des derniers savoir faire acquis dans une grande école et durant ses stages. Pourtant, les entreprises qui ne recrutent que ce type de profils sont plus performantes d'un point de vue financier. Mais pas d'un point de vue social. Surtout, la responsabilité sociale de l'entreprise n'est pas valorisée d'une point de vue social: il n'y a pas de "grand prix de l'intégration par le travail", mais il y a foultitude de prix récompensant les entreprises enregistrant les meilleures performances financières. Aussi, les chefs d'entreprise étant confrontés, par ailleurs, à la crise, ils oublient, parfois, cette mission d'intégration, moins souvent qu'on ne le pense, mais plus souvent qu'il ne le faudrait.

Ceci étant, quelle place peut-on faire aux seniors ?

Mon expérience me démontre qu'il n'existe pas de réponse monolitique à cette réponse car un senior n'en vaut pas un autre, de la même façon qu'un jeune n'en vaut pas un autre.

La capacité de travail varie d'une personne à l'autre. Certains ont plus d'énergie que d'autres. Certains aiment travailler. Certains ont un poil dans la main.

L'intelligence varie d'une personne à l'autre. Si l'expérience vient avec l'âge, il n'en va pas de même en ce qui concerne la sagesse. Certains seniors ont une vision du monde du travail et du rapport entreprise/employés aussi caricatural que celle de certains jeunes diplômés. Parfois la valeur n'atteint pas le nombre des années. Parfois, au contraire, ils ont gagné en maturité: ils ont une vision fine du monde du travail et peuvent concourir à stabiliser le climat social de l'équipe, à transmettre un esprit d'équipe.

La volonté est un élément que l'on retrouve, de mon expérience, autant chez les jeunes que chez les vieux (enfin, je veux dire seniors, il ne faudrait pas choquer). Elle traverse le nombre des années

Mais il y a un élément qui est particulièrement problématique dans l'emploi des seniors, notamment de ceux qui ont connu un accident de parcours (cela nous guettent potentiellement tous): il s'agit de leurs prétentions salariales. Lorsque l'on a un accident de parcours, une réorientation totale s'impose parfois. Et, là, le réalisme impose de redémarrer de zéro. Ce qui signifie accepter une rémunération de débutant, en attendant d'avoir fait ses preuves dans un nouveau milieu ou dans une nouvelle profession. Accepter cela est particulièrement difficile et ne vient qu'au bout d'un cheminement intellectuel après une longue période de chomage.

Une entreprise internet peut-elle intégrer des seniors ?

La réponse varie suivant les entreprises qui n'ont pas la même culture, pas la même clientèle et pas les mêmes besoins d'expertise.

Mais tout d'abord, on peut commencer par lister la liste des seniors qui s'exclut du marché de l'emploi internet:

  • ceux qui pensent qu'un simple intérêt, même sincère, suffit pour décrocher un emploi. Les chefs d'entreprises internet cherchent des passionnés d'internet qui ne les ont pas attendu pour créer un blog, un site et se former ou s'autoformer avant de les contacter.
  • ceux qui pensent que leur expérience passée légitime la rémunération et les responsabilités qu'ils revendiquent
  • ceux qui ne sont pas prêt à s'investir autant que le ferait un junior

Ceci étant dit, voici les qualités qu'il faut à un senior pour mettre les chances de son côté

  • se former et faire de la veille en permance, dans la soirée et le week end
  • intégrer vite les nouveaux savoir faire qui lui seront transmis par l'entreprise
  • accepter d'être encadrer par un junior, avec moins d'expérience de l'encadrement mais une meilleure connaissance technique
  • être très mobile intellectuellement et accepter de s'adapter à la culture de l'entreprise qui l'accueille
  • accepter d'entendre que ses compétences ne seront peut-être pas employé dans un emploi suffisamment valorisant, au moins un premier temps, le temps de faire ses preuves

Ce que l'on pourrait dire, en quelques sortes, c'est que la reconversion d'un senior dans une entreprise est une école d'humilité. Et, en même temps, cela constitue un nouveau départ, un début de carrière professionnelle toute vierge.

Ma grande tante qui est née en 1901 et qui nous a quitté en 1989 n'avait pas un très haut niveau d'étude, mais "de l'éducation" et surtout beaucoup de bon sens. En dehors du marché du travail depuis l'âge de 60 ans, elle m'annonçait pourtant à 85 ans sonnés (en 1985) que ma génération devrait prévoir de changer de profession 4 ou 5 ans dans ma vie. Ce qui signifie aussi accepter de repartir de zéro une fois tous les dix ans.

 

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