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Franz Olivier Giesbert: interview par Roland Sicard (16 mai 2011)

Mercredi, 18 Mai 2011 07:47

Il est des journalistes qui ressemblent à des rapaces. Je ne pensais pas qu'ils s'assagissaient lorsqu'ils devenaient rédacteur en chef surtout d'un célèbre magazine français, comme Le Point.

Franz Olivier Giesbert en est un parfait exemple.

L'interview qu'il a accordé à Roland Sicard surTélématin dans les « 4 vérités » le 17 mai 2011 est édifiante à cet égard pour quatre raisons

  • le journaliste interviewé adopte une posture de vedette qui se place au centre d'un spectacle dont il n'est pas la vedette

  • le journaliste n'apporte aucune analyse

  • le journaliste fait passer son aversion pour la personne de DSK pour des analyses journalistiques

  • il fait preuve d'un manque de rigueur absolu dans son traitement de l'information

 Posture de vedette

Invité sur les plateaux de nombreuses émissions, Franz Olivier Giesbert, à l'instar de nombreux journalistes, a commencé à se stariser. Comme de nombreux journalistes parisiens de la presse écrite, invités à intervenir en télévision ou en radio, parce que les qui préfèrent faire intégrer des journalistes en tant que chroniqueurs,

Aucune analyse

Le journaliste n'apporte aucune analyse en dehors des poncifs déjà maintes et maintes fois répétées par tous les medias : la carrière de DSK subirait un coup d'arrêt qu'il soit coupable ou pas,

Franz Olivier Guisbert balaie d'une phrase hallucinante la question sur la théorie du complot autour de l'inculpation de DSK : « ce sont ces connards d'internet ». Outre le fait que l'amalgame qui est fait entre tous les internautes qui osent exprimer leur avis sur internet, Franz Olivier Guisbert ne fait que refleter le profond dédain que les journalistes de vieille garde comme Franz Olivier Guisbert ont pour les internautes qui produisent de l'information et font ainsi concurrence aux media.

Prisonnier du microcosme parisien des vieux media, il est déphasage complet avec les citoyens ordinaires qui estiment que l'affaire DSK est un complot. Donc si l'on résume l'opinion de Franz Olivier Guisbert à propos du complot, les internautes sont des connards et les citoyens ordinaires probablement de grands naïfs, puisqu'ils pensent qu'il y a quelquechose de louche dans l'affaire DSK qui touche un homme au plus haut des sondages et à qui la droite avait promis le pire dès qu'il serait officiellement candidat.

NDLR : les journalistes comme principal reprochent aux internautes qui diffusent de l'information, qu'ils ne respectent pas les régles du journalisme classiques (non recoupement de l'information, faiblesse des analyses....).

Aversion pour la personne de DSK

En dépit d'un simulacre de compassion pour la façon dont DSK est traité, Franz Olivier Guisbert manque de crédibilité : il avoue a plusieurs reprises qu'il a toujours pensé que DSK n'irait pas jusqu'au bout du fait qu'il ne lui paraissait pas être un candidat ayant la carrure nécessaire. Mais surtout, comment croire à la compassion d'un rédacteur en chef, qui titre la prochaine une de son magazine « DSK : la chute ». Il y a de meilleure moyen de faire montre de compassion que d'enfoncer

 

Non seulement, bien plus que la justice américaine, ce sont les images publiées dans les media qui nuisent à DSK. Franz Olivier Guisbert, figure emblématique des media décrébilisés aux yeux d'une partie de l'opinion, ignore que les citoyens ordinaires ne font plus confiance aux medias traditionnels comme le magazine Le Point, précisément parce qu'ils préfèrent faire du sensationnel que de l'investigation. Et sur ce point, Franz Olivier Guisbert a été clairement lors de cette interview : il ménera une enquête à charge (Il désigne DSK comme un coupable et la femme de chambre comme la victime à qui il envoie toute sa sympathie. Un journalisme en début d'investigation aurait voulu que DSK soit un présumé coupable et que la femme de chambre soit une présumée victime).

La précision sémantique a quitté le monde des media, ce qui est regrettable.

Manque de rigueur

Tout au long de l'interview, Franz Olivier Guisbert fait preuve d'un remarquable manque de rigueur au niveau de l'analyse tant judiciaire que politique et humaine.

Franz Olivier Guisbert qui était l'un des 4 rédacteurs en chef qui avait contribué à faire émerger Ségolène Royal au printemps 2006 (ce qui avait largement contribué à sa victoire aux primaires socialistes de l'automne 2006), confirme sa position anti strausskahn, là où il devrait adopter une position de journaliste faisant preuve d'un minimum d'objectivité.

La confusion des genres : journaliste ou vedette de télévision ?

Non seulement, Franz Olivier Guisbert essaie de tirer la couverture à lui (encouragé en cela qu'il est invité dans une émission politique en tant qu'invité principal, alors qu'il ne joue aucun rôle politique et qu'il devrait être simple observateur). Il adopte ainsi souvent une position de vedette alors qu'il a été invité pour apporter un point de vue sur « l'affaire Strausskahn ».

Interview emblématique de la dérive des média

Cette interview est un exemple de la dérive des médias

Un interviewer qui ne pose que les questions que son invité lui a demandé de poser ou les questions qu'ont déjà été posées 100 fois tous les autres journalistes avant lui.

Roland Sicard fait partie des journalistes de télévision qui ne contrarie jamais ses invités. Il ne pose jamais que des questions consensuelles déjà maintement posées par d'autres journalistes. Si son invité ne répond pas ou utilise la langue de bois, Roland Sicard ne réagit pas et continue sa liste de question.

Cette interview consensuelle et sans aucun contenu, d'un journaliste par un autre journaliste contribue sans nulle doute, certes à une toute petite échelle, de renforcer dans l'opinion que l'idée que les médias sont cosanguins et qu'ils n'assurent plus une mission de contre pouvoir, mais simple celle de producteurs de minutes de télé ou de remplissage de papier.

L'internaute qui écrit ses lignes et qui n'a pas sa carte de presse, espère, certes naïvement que les journalistes feront un tout petit mieux leur travail dans la suite du procès Strausskahn qu'ils ne l'ont fait durant les premiers jours.

 

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